05/09/2008

Pour Marc Roger "c'est la faute à pas de chance"

La Cour correctionnelle de Genève s'est consacrée à l'interrogatoire des trois accusés soupçonnés d'avoir causé la faillite du Servette FC. Pour Marc Roger, le naufrage est en partie dû à de la malchance.


Il y a eu un concours de circonstance, avec des résultats qui ne suivaient pas sur le terrain, a expliqué l'ancien président du club grenat. Le Français, poursuivi pour banqueroute frauduleuse, gestion fautive, faux dans les titres et escroquerie, s'est longuement épanché devant le jury sur sa période servettienne.

"Je le voulais ce club", a déclaré l'accusé. Au début de 2004, le Servette FC était en situation d'ajournement de faillite. Marc Roger est venu à la rescousse. Il a cependant regretté qu'à l'époque, "tout ce soit fait dans la précipitation". Il a affirmé devant la cour avoir immédiatement mis 300'000 euros de sa poche.

Marc Roger comptait ensuite faire vivre le Servette FC grâce à l'appui financier de l'ancien président du Real Madrid Lorenzo Sanz et en réalisant des transferts sur des joueurs. Si tout avait marché, d'autres investisseurs auraient sûrement frappé à la porte, s'est dit persuadé l'ex-agent de joueurs français.

Marc Roger a également fustigé le manque de soutien genevois pour le club de football phare du bout du lac. "Le seul Genevois qui a aidé Servette lors de ces 20 dernières années se trouve sur le banc des accusés", a-t-il déclaré devant le jury, en désignant du doigt l'homme d'affaires Olivier Maus.

Olivier Maus, poursuivi pour gestion fautive, a expliqué avoir eu la tête ailleurs en 2004, car son fils, malade, était soigné à New York. Il a accepté de devenir administrateur à cette époque, car il croyait au projet de Marc Roger.

Troisième accusée dans ce procès, l'avocate du club Marguerite Fauconnet, prévenue de faux dans les titres, a vigoureusement plaidé sa cause. Comme Marc Roger, elle a dénoncé la précipitation dans laquelle s'est faite la reprise du club. "On m'a demandé de boucler le dossier en huit jours, car il y avait une audience au tribunal."

Que Marc Roger ait voulu faire un grand club de Servette, personne n’en doute. Que pour réussir il ait pensé que le commerce de joueur était la façon d’y arriver n’est pas répréhensible, même si ça ressemble, de loin, à de la traite d’êtres humains. Qu’il ait été sûr que Lorenzo Sanz allait financer le club à fonds perdus ne fait que prouver une naïveté affligeante. Par contre le tout fait montre soit d’une incompétence notable soit effectivement de la volonté d’escroquer tout le monde.

Par ailleurs il est étonnant que Monsieur O. Maus, homme d’affaires avisé et Maître Falconnet, avocate expérimentée plaident la précipitation et l’ignorance.

 

 

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