12/09/2008

Infiltrations de Securitas: la police veut une loi plus sévère

Les policiers suisses sont "préoccupés et choqués" par les infiltrations d'associations menées par Securitas. Ils réclament un cadre légal plus sévère pour les entreprises de sécurité privées. Le respect de la protection des données doit être assuré.


La sécurité doit rester l'affaire de l'Etat, estiment les représentants de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP). Quelque 300 délégués sont réunis en assemblée à Lausanne sur le thème "La police, le bon partenaire de sécurité".

Les tâches de police ne doivent pas en permanence être sous-traitées par l'armée et les entreprises de sécurité privées, a ainsi déclaré dans son intervention Hans-Peter Uster, président du Conseil de fondation de l'Institut suisse de police. "Le travail de police est et demeure un service public", a-t-il souligné.

Inquiets des révélations sur les activités de Securitas, les délégués ont voté une résolution demandant que les lacunes du concordat sur les entreprises de sécurités privées soient comblées. La justice et le monde politique doivent "mettre un terme aux comportements affairistes et déstabilisateurs des entreprises de sécurité privées", exige la FSFP.
 

Nos policiers ont sans doute raison mais j’ai de la peine à les imaginer faire le boulot des agents de Sécuritas et leurs confrères. Mais en donnant l’impression que le travail fait par les sociétés de protection est un travail de police, ils font une grave erreur. Ces tâches doivent être faites par des entreprises privées sans que les contribuables aient à en subir les coûts. Par ailleurs, il serait amusant de les voir infiltrer les organisations que Sécuritas a infiltré et de faire des rapports aux « employeurs » privés.

 

Commentaires

On copie tellement de choses sur les USA, mais jamais les bonnes...un mauvais exemple...l'interdiction de fumer, commandée par les assurances maladie.
Un bon exemple, à copier donc, serait les "chasseurs de primes", pour donner encore plus de temps à la police, pour empoigner les autres problèmes...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 13/09/2008

Les policiers n'aiment pas la concurrence (agences de sécurité, armée, gardes-frontière etc.) , mais sont dans l'incapacité d'assumer la totalité des charges pour protéger le citoyen et l'Etat. Ce qui est vrai, par contre, c'est qu'un agent infiltré doit pouvoir compter sur l'anonymat complet, pendant et après sa mission. Ceci est garanti pour les policiers; qu'en est-il pour les privés ? Enfin, il est dans l'intérêt de l'Etat et de notre économie - donc du citoyen - que de se prémunir contre les agissements anti-démocratiques de certaines associations. La Fédération des policiers semble ignorer totalement cela. De quel côté se trouve-t-elle ? Ou est-elle simplement aveugle ?

Écrit par : Dixit | 13/09/2008

Vous considérez que l'espionage politique d'association commanditée par une multinationale est si anodin que ça ????

Écrit par : Dji | 13/09/2008

Cher Dji,

Il s'agit simplement d'auto-défense!

Écrit par : salegueule | 13/09/2008

Au moment du G8, Genève était clairement menacée par un certain nombre d'éléments masqués (les black bloks notamment) qui peuvent être d'une grande violence et se dissimulent au quotidien dans d'autres associations ou ONG, apparemment respectables en dehors du fait de servir à l'occasion de paravents.

Il semble légitime pour la société de s'informer. Et pour des sociétés de se sentir protégées. Si la police est limitée, du fait de la pression de la gauche notamment, il est naturel que d'autres s'en chargent. En général, le privé prend le relais, avec les risques de dérapage que cela comporte, lorsque la puissance publique ne veut plus ou ne peut plus faire tout son boulot. A fortiori quand on lui a rogné les ailes au préalable.

Le tollé actuel est né de l'affaire des fiches et de l'excès de zèle de l'époque. Mais comment appeler le fait pour un journaliste de travailler sous couverture pour sortir un scandale bien saignant ou simplement renseigner l'opinion ? Comment appeler le fait de travailler dans une entreprise et d'en dénoncer publiquement les travers ? Ou dans un Conseil d'administration? Ou même une administration ? Comment appeler le fait d'entrer dans un grand parti politique en étant membre d'un autre plus marginal ?
Toutes ces activités, largement pratiquées par des gens de gauche, sont des activités de taupe, mais si c'est dans ce sens là, c'est bien. Si c'est dans l'autre sens, c'est mal. Vive la logique idéologique !

La taupe, c'était d'ailleurs le titre de journaux trotskystes, double allusion au travail de sape dans la société et à l'entrisme dans les partis, socialiste notamment.

Une société devient policière lorsque le simple citoyen est épié et se sent surveillé, ce qui est insupportable. Mais que des organisations potentiellement extrémistes soient observées paraît légitime. Après tout, si elles n'ont rien à cacher, si elles ne font rien de répréhensible, où est le problème ?

Écrit par : moraliste | 14/09/2008

Je vois venir les commentaires à la Micheline Calmy-Rey :"proportionnalité"...etc.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/09/2008

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