18/10/2008

Crise financière/Eveline Widmer-Schlumpf: il faudra tirer les leçons de la crise

La conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlump espère qu'avec le temps, on tirera les bonnes leçons de la crise financière. Le refus de voir la réalité a conduit à l'éclatement de la crise, a-t-elle déclaré vendredi soir à Lenzburg (AG)


Les décideurs n'ont jamais concentré leur attention sur les risques, mais sur les énormes bénéfices réalisables, a déclaré la conseillère fédérale, selon le texte écrit de son discours. Elle s'exprimait sur la "vitesse en politique".

On reproche trop souvent au Conseil fédéral d'avoir la tête dans le sable, a ajouté la ministre des finances par intérim. Le gouvernement essaie toujours de trouver des solutions acceptables et équilibrées. Ca n'est pas toujours très spectaculaire.

La pression des médias, des partis et du Parlement est grande. Le Conseil fédéral a cherché une solution à long terme alors que certains politiciens voulaient des solutions immédiates, a souligné Eveline Widmer-Schlumpf.

Dans une période de crise, les politiques, les médias et le public ne considèrent par toujours les choses de manière rationnelle. L'alarmisme est la dernière chose dont nous avons besoin car il ne fait qu'agraver la crise, a-t-elle ajouté.

Ca me fait mal, mais je suis obligé de reconnaître que Mme E. Widmer-Schlumpf a presque raison. Les décideurs, comme elle dit, ne sont pas tous à mettre dans le même panier. Combien de banques suisses ne sont pas dans la situation de l’UBS ? Presque toutes !

Par ailleurs le département de Monsieur Merz n’a jamais été très regardant sur la façon dont les bénéfices des banques étaient réalisés du moment que les impôts étaient en progression !

D’autre part, tant la CFB que la BNS ainsi que les autres organismes de surveillance des banques dans les autre pays ne se sont pas rendus compte que les mesures de régulations mises en place (pas qu’en Suisse, il faut le dire) ne sont efficaces que dans des marchés « stables ». Mais que dans les tempêtes boursières successives ces mesures n’ont fait qu’empirer la situation !

Si dès le moment où les marchés s’étaient avérés illiquides les mesures d’amortissement à la valeur actuelles des positions avaient été suspendues, les banques auraient eu largement le temps de faire les réserves nécessaires à ces amortissements. La crise des liquidités n’aurait pas eu lieu ou aurait été moindre. Les états se sont eux-mêmes mis dans la situation si difficile que nous vivons maintenant.

Pour le marché suisse, Il est vrai que la pression des médias était insupportable et probablement responsable en partie de l’aggravation de la crise de liquidités de l’UBS. Les demandes incessantes de garanties supplémentaires pour les comptes étaient plus que déplacées. Est-ce qu’un seul journaliste s’est demandé combien de comptes étaient concernés ? Quel montant cela représentait ? Probablement pas !

Les mêmes journalistes ont félicité l’UE sous la présidence de N. Sarkozy pour les mesures importantes que les pays de l’UE ont prises. Ces mesures ont failli faire tomber le système et ils ne s’en sont pas rendus compte. En garantissant les prêts interbancaires au sein de l’UE, ils ont inconsciemment mis l’UBS dans l’incapacité d’emprunter pour se refinancer. L’UBS étant devenue un « risque inacceptable puisque sans garantie d’état ».

Mais si l’UBS était partie en faillite, combien de banques européennes auraient suivi ? L’UBS est une des plus grande banque du monde, son imbrication dans les différentes opérations bancaires est telle que presque toutes les banques ont des relations avec l’UBS.

Il faut reconnaître à nos gouvernants qu’ils ont sans doute adoptés les meilleures solutions possibles pour sortir durablement de la crise. Il reste à mon sens un point supplémentaire à régler, c’est le traitement fiscal des dépôts «fiduciaires ». Sans l’imposition uniquement en Suisse des montants placés par les banques privées, l’UBS et le CS auraient probablement bénéficiés du soutien des autres banques. Mais comme seuls les placements fait à l’étranger ne sont pas soumis à l’impôt… Il y a là une forme de concurrence déloyale au détriment des banques suisses…Est-ce bien raisonnable ?

 

 

 

 

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