18/10/2008

Micheline Calmy-Rey pour une plus forte régulation des banques

Micheline Calmy-Rey a plaidé pour une plus forte régulation des banques. A l'occasion des 150 ans de comedia, elle a insisté sur le rôle que les syndicats avaient aussi à jouer dans la réorganisation du système bancaire, conséquence de la crise financière.


De nouvelles règles en matière de régulation sont nécessaires, a déclaré Micheline Calmy-Rey devant les quelque 300 membres de comedia et invités. Outre des contrôles plus sévères dans les prises de risques, la conseillère fédérale souhaite que le système des bonus soit mieux surveillé.

Les effets à moyen et long terme de l'intervention étatique dans la crise financière sont difficiles à déterminer, a-t-elle ajouté. Les aides suisses et étrangères en faveur de l'UBS étaient cependant nécessaires afin de stabiliser le système financier.

Micheline Calmy-Rey conçoit également qu'une grande partie de la population estime injuste de devoir maintenant passer à la caisse. Ce d'autant plus que cette situation est due à des prises de risques venant de banquiers qui ont touché des années durant de gros bonus.

Paul Rechsteiner, président de l'Union syndicale suisse, a aussi abondé dans ce sens. Les représentants de l'économie doivent tirer des leçons de cette crise financière et pour cela la pression des syndicats est indispensable, a-t-il ajouté.

Il y a 150 ans, les typographes créaient le premier syndicat national. Un quart de siècle ans plus tard, les employés en librairies s'organisaient à leur tour. Il y a 10 ans enfin, ces deux associations fusionnaient avec l'Union suisse des journalistes et l'Union suisse des lithographes pour former le syndicat des médias comedia.

Afin de consolider son influence, comedia envisage deux options de fusion: soit avec le syndicat des services publics et le syndicat de la communiation, soit avec Unia. Une décision à ce sujet devrait tomber l'an prochain.

 

Bravo madame Calmy Rey, vous venez de reconnaître la responsabilité du gouvernement dans la surveillance des risques pris par les banques. En effet, c’est la CFB, avec l’accord de l’Etat, qui est en charge de cette surveillance. Vous admettez donc que la CFB et, par conséquence le gouvernement, a failli dans cette tâche ! Il est très important de se souvenir que ce sont les règles fixées par la CFB qui a provoqué la comptabilisation immédiate des pertes NON réalisées. Pertes calculées entres la valeur comptable d’un actif et sa valeur actuelle. Si il n’y a pas de valeur actuelle réaliste, il faut en trouver une et comptabiliser la perte…

Si la banque a le temps d’attendre que les cours remontent pour réaliser l’actif, le bénéfice réalisé sera d’autant plus important qu’il a été amorti.

Pour être clair, si la CFB et le gouvernement avaient fait leur travail correctement, ils se seraient rendus compte que les règles imposées aux banques pouvaient les mettre « artificiellement » en danger. Ils ne s’en sont pas rendus compte et c’est la faute des banques.

Je répète que le gouvernement ne se plaignait pas des impôts versés par les banques sur les bénéfices réalisés pendant ces années de hausse. Comme personne ne se plaignait des impôts payés par les récipiendaires de bonus importants.

La seule chose qui choquait, c’était les stock options. Alors que si l’on veut que les patrons et responsables d’entreprises travaillent pour l’avenir et la pérennité des sociétés, c’est le mode de rémunération offrant le plus de garantie…

  

Commentaires

Bonjour Monsieur,

Je me permets toutefois de vous rappeler que Madame Calmy-Rey était membre du Conseil d’administration de la BCGe, banque au sein de laquelle des opérations hypothécaires/financières et pratiques comptables pour le moins douteuses ont conduit à ce que les contribuables de Genève paient plus de deux milliards pour éviter le naufrage de la banque selon un montage politico-juridique (Madame Calmy-Rey était alors aussi politiquement engagée à Genève) qui n’a même pas permis que le capital-actions de ladite banque passe totalement en mains de l’Etat et qui plus est qu’un dividende soit ensuite versé aux actionnaires de la banque qui avaient tout perdu, avant même que l’Etat, vache à traire perpétuelle, soit remboursé.

Pour le reste je suis d’accord avec vous en ce qui concerne la CFB et j’ai d’ailleurs déjà écrit le texte qui va suivre sur un autre blog

"...
Mais le fait est que tout cela était prévisible, mais que personne n’a voulu ouvrir les yeux, lorsque nous sommes passés en matière financière d’une économie libérale respectueuse d’un certain nombre de principes au capitalisme véritablement crasse actuel.
Des drapeaux rouges se sont pourtant déjà levés (notamment junk bonds vers la fin des années 80 - Baring Brothers au milieu des années 90, sans oublier le fait que pour faire encore plus de fric UBS et SBS ont fusionné en mettant 13000 personnes à la porte), mais aucun politique n’a jamais voulu réagir comme il aurait pourtant dû le faire et désormais c’est le contribuable qui paie l’incompétence (ou la vile soumission, c'est selon) de certains de nos politiques.
Et la CFB dans tout cela, pas terrible, c'est le moins que l'on puisse dire, mais à nouveau trop inféodée aux pouvoirs politiques en place qui avaient eux les yeux de Chimène pour les juteux bénéfices des instituts financiers

et je conclus en rappelant qu'un brave juriste de la CFB, totalement incompétent, avait osé déclarer dans l'Hebdo en mars 2000, que les portages de la BCGe étaient une opération de sauvetage qui excluait les risques "crédits", autant dire n'importe quoi, l'avenir l'a confirmé, mais un n'importe quoi qui me laisse toutefois perplexe en relation avec ce qui nous attend demain si l'on songe que ce sont ces gens là de la CFB qui sont sensés contrôler le système bancaire suisse.
..."

Écrit par : Claude Marcet | 19/10/2008

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