21/10/2008

Pédophilie: Eveline Widmer-Schlumpf appelle à rejeter l'initiative

Déposer plainte contre un pédophile 40 ans après les faits pourrait être traumatisant pour la victime. Pour éviter ce risque, Eveline Widmer-Schlumpf appelle à rejeter l'initiative de la Marche blanche le 30 novembre. Au profit d'une solution plus adéquate.


La conseillère fédérale a reconnu aux initiants d'avoir mis le doigt sur une lacune, à savoir le délai laissé à une victime mineure pour briser le silence et se retourner contre son abuseur. Il faut du temps, car un enfant n'est parfois pas suffisamment mûr pour connaître la portée du délit.

Un mineur est aussi souvent contraint au silence, soit par dépendance vis-à-vis de l'auteur soit parce qu'il est menacé par ce dernier. Il arrive en outre que de jeunes victimes refoulent les abus. En ne posant aucun délai pour porter plainte, l'initiative populaire "pour l'imprescribilité des actes de pornographie enfantine" n'apporte toutefois pas une solution adéquate.

Ce texte ne permettra pas de mieux prévenir les méfaits car pour que l'effet dissuasif soit fort, il faut que l'auteur craigne une condamnation rapide, a déclaré la ministre de justice et police. L'imprescribilité pourrait surtout avoir des effets néfastes pour la victime.

Le droit pénal actuel ne connaît par ailleurs l'imprescribilité que pour le génocide, les crimes de guerre ou les attaques terroristes. Tout détestable que soit un abus sexuel, il ne saurait être comparé aux massacres du Rwanda ou de Srebrenica, selon la Grisonne. L'initiative pose en outre plusieurs problèmes d'interprétation et d'application.

Et de plaider pour la solution votée par le Parlement, qui permettra désormais à la victime de déposer plainte jusqu'à l'âge de 33 ans. Le délai de prescription ne devrait plus débuter lorsque l'acte est commis mais à la majorité de l'abusé.

La révision du code pénal permet à la fois à la victime d'avoir le temps de décider à l'abri de toute pression si elle veut porter plainte et à la justice de travailler efficacement en limitant le risques d'erreurs judiciaires.

 

«  Déposer plainte contre un pédophile 40 ans après les faits pourrait être traumatisant pour la victime. » Seule cette phrase me fera accepter l’initiative populaire. Comment une ministre de la justice ne peut-elle se rendre compte que le viol est le traumatisme, pas les poursuites judiciaires même tardives !

 

20:23 Publié dans Justice, Politique, Suisse | Tags : cf, udc, pdc, ps, prd, pédophilie | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Les délais de prescription on de bonnes raisons d'être, et ce n'est pas la protection des criminels.

Pour prendre exemple extrême, vous imaginez une 'fille' de 70 ans porter plainte contre son père de 90 ans pour des abus sexuels ayant eux lieu en 1948 ???

Ce serait possible avec l'imprescribilité, et sur quoi serait basé l'enquête, quel serait le bon sens la dessous ? La contre proposition d'etendre le delai aux 33 ans de la victime est parfaitement sensée et ne met en rien les pedophiles a l'abri de la justice.

CE

Écrit par : Eastwood | 21/10/2008

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