02/12/2008

Il n'y a pas de plan B en cas de refus de la libre circulation

La Suisse "n'a pas de plan B" en cas de refus de la reconduction de la libre circulation des personnes avec l'UE le 8 février. Micheline Calmy-Rey a insisté sur ce point en lançant la campagne de votation.

"Les bilatérales, c'est notre programme conjoncturel le plus efficace", a affirmé la conseillère fédérale. En cas de refus, l'Union européenne ne fera rien. Ce sera à la Suisse de dénoncer l'accord sur la libre circulation avant le 31 mai. Six mois plus tard, tous le paquet de bilatérales tombera.

"Ce ne sont pas des menaces", a assuré la cheffe du Département des affaires étrangères. Mais on ne peut pas spéculer sur les conséquences d'un refus de la reconduction de la libre ciruclation des personnes et de son extension à la Bulgarie et la Roumanie, selon elle.


La ministre des affaires étrangères le souligne encore une fois, le parlement nous a mis dans une situation fort désagréable. Alors qu’après chaque votation les politiciens et les commentateurs politiques s’accordent à reconnaître que le peuple souverain est tout à fait capable de prendre les bonnes décisions, le parlement a pris le pari que les citoyen(ne)s n’oseraient pas refuser les deux sujets liés (reconduction de la libre circulation et extension à la Roumanie et Bulgarie). En refusant au peuple ce qui lui avait été clairement promis lors de la 1ère votation sur les bilatérales, le parlement a gravement failli à son devoir de respect de la démocratie directe. En cas de refus par le peuple, les élus nationaux devront démissionner et rendre compte de leur déni de démocratie.

Par la faute de ce parlement spéculateur, le gouvernement devra peut-être en effet dénoncer les bilatérales 1. La responsabilité en incombera non pas au peuple qui aura refusé le paquet du parlement mais bien à ce dernier qui aura ficelé le paquet.

Les grandes entreprises, conscientes du risque pris par le parlement, ont décidé d’augmenter les salaires des travailleurs dans presque toutes les branches alors que s’annonce la crise. En temps normal, la moitié des mauvaises nouvelles accumulées depuis quelques semaines auraient suffit aux patrons et syndicats patronaux pour ne pas entrer en matière pour les augmentations. C’est dire à quel point la crainte du non est grande dans le patronat. De plus nos gouvernants plutôt que de bomber le torse et dire que la Suisse peut se passer de l’Europe, ils préfèrent avant le combat s’avouer plus faible que l’UE. En disant que la Suisse gagne 1 franc sur deux à l’étranger, ils oublient (sciemment ?) de préciser que ce n’est pas qu’en Europe que cet argent est gagné.

Ils ne disent pas non plus que nous importons bien plus de l’Europe que nus leur vendons. Notre balance commerciale avec l’Europe est déficitaire.

Quant à l’absence du fameux plan B, elle résulte soit d’une négligence des négociateurs des premières bilatérales, soit d’un « plan X » pour nous forcer à accepter toutes les extensions de l’Europe. Récemment les françaises et français nous ont montrés que l’absence de plan B n’était pas catastrophique…

20:49 Publié dans Suisse-Europe | Tags : calmy-rey, cf, ps, udc, prd, pdc | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Bonsoir,

Je ne pense pas que le refus de la Constitution européenne par les français puisse être comparé à un éventuel refus de la reconduction des bilatérales par la Suisse. En effet, la France étant membre de l'UE, il n'y avait évidemment aucun clause guillotine.

Je regrette autant que vous le paquetage des deux sujets par le parlement qui est une honte pour la démocratie et (encore) une promesse non tenue des politiciens.
Par contre, je pense qu'il est plus opportun de "punir" les responsables aux prochaines élections que de condamner nos rapports avec l'UE.

Etant opposée à l'adhésion de la Suisse, je suis convaincue que la voie des bilatérales est la seule solution pour l'éviter.

Si le paquet est refusé, notre économie en fera les frais, au minimum pendant le temps d'éventuels négociations de nouveaux accords qui pourraient durer très longtemps. De plus, un refus inciterait les partisans à l'adhésion à revenir à la charge...

Meilleures salutations

Céline Roy

Écrit par : Céline Roy | 03/12/2008

Voila que l'on accorde à ce parlement, menteur, le soin d'élire un conseiller fédéral.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 03/12/2008

A Céline Roy :

Merci de vos lignes. Je serais presque tenté de vous suivre dans votre idée. Je suis également pour les bilatérales, mais par n’importe quelles bilatérales.
Il est clair que nos élus auront à répondre de leur choix honteux devant le peuple. La seule façon d’être sur que cette décision irresponsable ne se reproduise plus, c’est de voter UDC. Car la seule réponse que le peuple peut donner à ces élus qui refusent la démocratie directe, ce n’est pas seulement de les renvoyer, eux, à la maison, il faut également renvoyer leur(s) parti(s).

Écrit par : salegueule | 03/12/2008

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