21/12/2008

Les clients CFF doivent aussi financer les infrastructures

Les clients des CFF doivent mettre la main au porte-monnaie pour financer les infrastructures des transports publics. Ils ne peuvent pas uniquement réclamer des fonds auprès des pouvoirs publics, estime le patron de l'ex-régie fédérale Andreas Meyer.


Sans une contribution supplémentaire des utilisateurs, le réseau ferroviaire en 2030 ne pourra quasiment pas être financé, explique Andreas Meyer dans une interview à la "Berner Zeitung". Les CFF s'attendent à un doublement des pendulaires dans les agglomérations d'ici là. "Nous allons avoir besoin de nouveau matériel roulant, de nouvelles infrastructures, cela va coûter beaucoup d'argent".

Le nouvel horaire des CFF, entré en vigueur la semaine dernière, a accrû l'offre de 5,5%. "Sans nouvelles infrastructures, une telle hausse n'est pas possible".

La veille, le Conseil fédéral avait lui aussi jugé que de nouvelles recettes seraient nécessaires pour financer la 2e étape du développement du réseau ferroviaire ZEB 2, rebaptisé Rail 2030.

Notamment au menu de ce projet: la suppression du goulet d'étranglement de Crissier (VD), l'élargissement à six voies du tronçon Härkingen (SO)- Wiggertal (AG), le tronçon Blegi-Rütihof (ZG) et le contournement nord de Zurich.

De son côté, le ministre en charge des transports Moritz Leuenberger est prudent: "Une contribution des passagers n'est pas ma variante préférée", a-t-il indiqué samedi sur les ondes de la radio alémanique DRS. Le socialiste estime que le prix des billets ne doit pas augmenter au point que les passagers reprennent leurs voitures.

Nous avons une direction des CFF extraordinaire. Après l’annonce du nouvel horaire, mis en place dès la mi Décembre, nous apprenons que l’offre supplémentaire de 5,5% n’est pas possible sans nouvelles infrastructures. Bravo ! Comment fonctionne donc ce nouvel horaire depuis 10 jours ?

 

Lors de son plan de relance économique, le CF affirme qu’il faudra de nouvelles recettes pour financer le développement du réseau. Pourtant beaucoup d’infrastructures sont terminées et en principe payées, nous continuons cependant à payer les mêmes impôts. Où passe donc l’argent que nous mettions dans les précédentes infrastructures, celles qui sont réalisées sont payées. Nous finançons les réalisations en cours comme les transversales alpines.

Le vrai problème réside dans le fait que le gouvernement fait une différence entre la route et le rail. Pour la route, c’est l’usager qui doit fournir le moyen de transport alors que l’Etat fourni l’infrastructure. L’usager paie à travers l’impôt sur les carburants cette infrastructure. Il a totalement à sa charge le moyen de transport. Une partie de la taxe sur le carburant est même consacré au rail. Ne serait-il pas normal, même logique, que l’usager du train paie lui aussi pour le moyen de transport ? Il devrait donc « acheter » un wagon. Le billet de train actuel ne servant qu’au droit d’utiliser le rail. Le véhicule doit être, comme pour la route, à la charge de l’usager.

 

 

 

15:46 Publié dans Economie | Tags : cff, financement, impôts | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Alors que les trains européens sont confortables, rapides, bien connectés, le réseau ferroviaire suisse peine à se moderniser, à répondre aux besoins de ses usagers.
La Régie a trop longtemps louvoyer avec des demi-réformes en agitant sur le nez en premier lieu le projet (cher et inefficace) de RAIL 2000 (déjà obsolète) aujourd'hui, l'absurdité des horaires cadencés, les projets pharaoniques du percement de 2 tunnels dont le gouffre du GOTHARD(Nord/Sud) qui pénalise toute amélioration du réseau du plateau d'Ouest en Est en pompant toutes les ressources financières, là où il y a une forte concentration de population et de trafic.
La gouvernance suisse est dépassée de tous les côtés : les réalisations des infrastructures routières, ferroviaires, aériennes sont sous-évaluées, l'argent est mal réparti et les services d'utilité publique comme les CFF répondent toujours de la même manière : SURTAXER. Il faudrait que l'équipe de managers d'Andreas Meyer se penche avec sérieux, anticipation et innovation pour apporter de meilleures réponses aux usagers.

Écrit par : demain | 21/12/2008

Les trains européens confortables et rapides ? Oui et non... ça dépend énormément de quelle ligne on prend. Pour le reste, faut pas avoir peur des retards. Et vu qu'ici c'est limite la catastrophe quand le train à 5 minutes de retard, j'ose pas imaginer ce que certains diraient s'ils devaient prendre le train tous les jours chez nos voisins.

On a un réseau performant et de qualité. Maintenant, il faut tout faire pour maintenir cette qualité et l'améliorer encore. A ce propos, il est effectivement dommage d'avoir vu partir la majorité des ressources financières dans le Gothard. Il faudrait en effet bien réfléchir sur la suite pour que des projets essentiels comme la 3ème voie Genève-Lausanne se réalise le plus rapidement possible !

Écrit par : David | 30/12/2008

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