10/03/2009

Les accords de libre-échange essentiels pour sortir de la crise

Les accords de libre-échange sont essentiels pour sortir de la crise, selon Doris Leuthard. La conseillère fédérale a défendu ce credo devant le Conseil national lors de la discussion sur le rapport de politique économique extérieure.


La plupart des orateurs ont reconnu que le chemin choisi par le gouvernement était favorable aux exportations. "Avec le cycle de Doha au point mort et l'OMC qui patine, les accords de libre-échange revêtent une importance particulière", a souligné Kathy Ricklin (PDC/ZH).

La Suisse vient de conclure un accord avec le Japon, une première pour un Etat européen. Deux mandats de négociations ont par ailleurs été donnés au Conseil fédéral en vue de sceller des accords de libre-échange avec la Russie et l'Ukraine. Des négociations sont également en cours avec l'Inde, les Etats du Golfe ou encore le Pérou.

La gauche a toutefois émis certaines réserves. Pour Carlo Sommaruga (PS/GE), il n'est pas acceptable que la politique économique extérieure de la Suisse n'intègre aucun critère social ou environnemental. "Je ne suis pas sûr que négocier un accord de libre échange avec la Colombie, sans condition, comme le pévoit le Conseil fédéral, renforce notre engagement en faveur des Droits de l'homme", a-t-il lancé.

Après avoir constaté que malgré la crise, les exportations suisses ont battu un record l'an dernier, franchisssant la barre des 200 milliards de francs, le National a emboîté le pas au Conseil des Etats et approuvé cinq accords de nature économique.

Il s'agit d'un accord de libre-échange entre les Etats de l'AELE et le Canada, d'un accord sur l'agriculture entre la Suisse et le Canada, de deux accords de promotion et protection réciproque des investissements avec le Turkménistan et Madagascar et de l'accord international de 2007 sur le café. Une partie de la gauche s'est abstenue sur ces trois derniers points. Les députés ont également accepté l'arrêté fédéral sur les tarifs de douane.

La stratégie de notre gouvernement me parait la meilleure. Préparer notre avenir économique en réduisant le plus possible nos échanges avec le voisin européen nous mettra en position de force. Puisque l’UE ne veut pas reconnaître qu’elle est largement bénéficiaire des accords bilatéraux passés, il ne nous reste plus qu’à prévoir le changement de partenaires. Bien d’autres pays que ceux de l’UE ont des produits compétitifs tant en qualité qu’en prix. De plus, ces pays n’étant pas limitrophes, nous ne serons pas « obligés » de supporter l’invasion des travailleurs de ces pays.

L’UE ne veut pas comprendre qu’elle a tout à perdre à vouloir trop profiter de la situation géographique de la Suisse. A vouloir trop gagner, on perd tout ! Où passeront les camions européens lorsque nous fermerons les frontières ? Où vendront-ils leurs voitures haut de gamme lorsque nous achèterons des japonnaises ou coréennes ? Que diront les pays « leaders » de l’UE, responsables de la dégradation de nos relations, à leurs collègues des autres pays de l’UE ? Que fera l’Autriche lorsqu’elle devra absorber le trafic poids lourd ?

Diversifions autant que faire se peut nos partenaires commerciaux. Nous ne dépendrons d’aucun en particulier. Aucun ne pensera qu’il nous tient….

Les commentaires sont fermés.