06/04/2009

Caisses de pension en crise: six sur dix sont en découvert

La crise des marchés financiers plombe le deuxième pilier. Près de six caisses de pension sur dix sont actuellement en découvert. Deux tiers d'entre elles ont un taux de couverture entre 90 et 100%, le reste se situe en dessous de 90%, selon l'OFAS.


A fin mars, 43% des institutions de prévoyance professionnelle présentaient un taux de couverture d'au moins 100%. Les autres étaient en dessous de la barre légale. A fin 2008, le rapport entre les caisses en bonne santé et celles en sous-couverture était encore de 50-50, a indiqué l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS).

Les résultats se basent sur la répartition effective de la fortune de près de 1900 caisses. Ils sont en outre confirmés par les données des institutions du 2e pilier soumises à la surveillance directe de la Confédération. Ces données sont "nettement plus représentatives" que d'autres estimations récentes présentées par d'autres instituts, a tenu à préciser l'OFAS.

Les caisses en découvert ont jusqu'à fin juin pour présenter leurs mesures correctrices à l'autorité de surveillance. La loi exige que le trou soit en principe résorbé dans un délai de cinq à sept ans, voire de dix ans au maximum.

Si les placements à risque devaient perdre 10% par an durant les trois prochaines années, le pourcentage des caisses en découvert passerait à près de 80%, d'après des modèles mathématiques de l'OFAS. Même si la valeur des actions devait augmenter de 10% par année d'ici 2012, environ 40% des institutions n'atteindraient toujours pas une couverture de 100% au moins.

Si d’un premier abord ces chiffres peuvent paraître très graves, il est important de se souvenir que lorsque l’on parle de prévoyance professionnelle, le temps compte pour beaucoup. Ce fait est rappelé dans ce cas. Les caisses ont jusqu’à dix ans pour rétablir la situation. Ce délai est sans doute plus que suffisant pour atteindre le but recherché. Il faut surtout laisser du temps aux marchés pour se calmer et se refaire une santé. La crise a induit de si grandes dépenses étatiques que les emprunts des Etats vont augmenter considérablement. Les obligations que ces très bons débiteurs vont devoir émettre iront parfaitement bien dans les portefeuilles de caisses de pensions. La demande sera probablement assez importante pour que les rendements servis soient même plus qu’intéressant pour les futurs rentiers que nous sommes tous…

Commentaires

Bonjour Monsieur,
Vous devriez faire une distinction entre caisses à primauté des cotisations et caisses à primauté des prestations (principalement caisses publiques de retraite).
Si dans le premier cas je puis suivre votre raisonnement, cela n’est pas possible dans le deuxième cas, car pour ce qui concerne les caisses publiques de retraite l’insuffisance chronique de couverture (en constante augmentation) n’est pas due à des problèmes liés à la gestion des patrimoines (ou fort peu) , mais bien principalement à l’existence d’un déficit technique structurel actuariel annuel que les politiques ne veulent surtout pas voir, et pour cause, car la fonction publique est un peu leur bas de laine électoral et c’est finalement le contribuable qui devra payer une fois de plus cette gestion catastrophique de la chose publique, car le déficit actuariel des caisses publiques de retraite est garanti ... par l’Etat.
Un seul petit exemple : ce qu’a dû payer l’Etat fédéral pour couvrir l’insuffisance de couverture de la caisse des CFF, pour les seuls cotisants encore en activité, et la crise on n’en parlait pas encore.
Et à Genève ... (pour plus tard, vous passeriez une très mauvaise journée ...)

Écrit par : Claude Marcet | 07/04/2009

moi j'aime bien tga facon de voir les choses, et c'est tout ! :D biz

Écrit par : Wiki | 07/04/2009

@Claude Marcet,
Bonjour, merci pour votre commentaire. Vous avez parfaitement raison. J'ai déjà repris dans un précédent billet le problème de la non cotisation de la part patronale pour les fonctionnaires. Je disais (de mémoire) qu'il était tout à fait anormal d'endetter les générations futures d'une part et d'autre part que les fonctionnaires ne devait pas bénéficier de prestations supérieures au minimum légal. Malheureusement, les politiciens comme vous le précisez justement n'oseront jamais remettre l'Eglise au milieu du village.....Il faudra pourtant bien une fois ou l'autre régler ce problème. Pour ce qui concerne les caisse à primautés de prestations privées, le problème ne se pose pas puisque chaque année il faut régulariser les comptes aux frais ou au profit de l'employeur.

Écrit par : salegueule | 07/04/2009

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