15/04/2009

UBS/As. gén.: "Une action douloureuse pour guérir ensuite" selon H.-R. Merz

L'UBS a entamé son véritable redressement mercredi, malgré des comptes toujours dans le rouge. Kaspar Villiger est devenu président de la banque en crise depuis deux ans tandis que le patron Oswald Grübel a détaillé sa stratégie passant par des suppressions d'emplois drastiques.


L'élection de Kaspar Villiger au conseil d'administration de l'UBS est passée comme une lettre à la poste devant l'assemblée générale réunie au Hallenstadion à Zurich. L'ancien conseiller fédéral a recueilli 98% voix. Il succède à Peter Kurer qui s'en va après un an de présidence.

Trois autres nouveaux administrateurs ont été élus. Michel Demaré, chef des finances d'ABB, Ann Godbehere, ancienne directrice financière de Swiss Re et Axel Lehman, spécialiste des risques chez ZFS. Dorénavant, le conseil d'administration ne compte plus que 3 membres, sur douze, élus avant le début de la crise en été 2007.

Les membres du conseil d'administration affichent une expérience et des connaissances indéniables, a dit M. Villiger devant 5000 actionnaires conquis. L'ancien conseiller fédéral a aussi appuyé la politique d'Oswald Grübel, en poste depuis le mois de février.

"Nous avons pour ambition de redonner à la marque UBS son éclat d'antan", a-t-il déclaré. Il est essentiel de rétablir la rentabilité et l'assise de fonds propres de la banque ainsi que de dégager les contribuables de toute responsabilité.

Avant l'assemblée générale, la cinquième en un an, l'UBS a annoncé la suppression de 8700 postes supplémentaires - soit 19'000 au total depuis le début des déboires de la banque. Le nombre de collaborateurs sera ramené de 76'200 à fin mars 2009 à 67'500.

La Suisse est durement touchée, avec un poste sur dix appelé à passer à la trappe. Entre 1200 et 1500 licenciements y seront prononcées, plan social à l'appui, ce qui a suscité la colère des représentants du personnel. Les suppressions d'emplois sont inéluctables, a déclaré Oswald Grübel.

En ce qui concerne la marche des affaires, l'établissement a inscrit une perte de près de 2 milliards de francs au 1er trimestre 2009. Cette contre-performance fait suite à la perte abyssale de 20,9 milliards de francs l'an dernier, après 5,2 milliards en 2007.

Les démêlés judiciaires du géant bancaire aux Etats-Unis ont par ailleurs fait fuir bon nombre de clients. La division Wealth Management & Swiss Bank a subi des sorties nettes d'argent de près de 23 milliards de francs.

"Malgré les efforts de ces derniers mois visant à stabiliser notre établissement, la crise n'est pas encore surmontée", a reconnu Oswald Grübel. Le président de la direction, qui a déjà redressé le Credit Suisse, a annoncé le maintien de la banque d'affaires, la division qui a pourtant fait plonger la banque.

Une cinquantaine de petits actionnaires ont toutefois profité de l'occasion pour exprimer leur colère. Les critiques envers Peter Kurer n'ont pas manqué.

Le système de rémunération et les bonus accordés au terme du dernier exercice ont également attisé les rancoeurs. Les dédommagements accordés aux anciens patrons de l'UBS, perçus comme responsables de la crise, ont été dénoncés.

Lors d'un vote consultatif, l'assemblée a toutefois dit oui, à près de 90% des voix, au nouveau système de rémunération. Ce modèle, en vigueur depuis cette année, prévoit que la part variable des rémunérations se compose d'un système de bonus-malus et d'un plan de participation en actions.

Au terme d'une séance qui aura duré un peu moins de 7 heures, les actionnaires ont encore approuvé largement la création d'un capital autorisé et celle d'un capital conditionné, qui permettront à l'UBS d'avoir plus de flexibilité en cas de besoin.

A la Bourse suisse, l'action UBS cédait 7,16% vers 17h10 à 12,32 francs, dans un marché en baisse de 0,83%. Elle a certes souffert de l'annonce des mauvaises nouvelles, mais aussi de prises de bénéfice après l'envolée de la veille

 

Les solutions que Monsieur Grübel propose pour remettre en état de marche l’UBS paraissent bonnes. La rudesse de certains éléments comme la suppression de plus de 8'000 emplois n’est cependant pas compensée par une attaque en justice contre les anciens responsables de l’UBS qui s’en sont mis pleins les poches en mettant la banque dans une situation périlleuse d’une part, mais aussi surtout, en mettant en danger le secret bancaire suisse. Ces faits devraient être considérés comme de la haute trahison et les coupables punis par là où ils ont péchés : La confiscation de tous leurs biens. Ils doivent être comparés aux banquiers privés qui doivent garantir les avoirs de leur banque par leurs deniers personnels jusqu’au dernier centime. Que l’on agisse de même avec Ospel et ses acolytes pour ne pas dire complices….

 

 

 

Commentaires

Toutes ces paroles sont bien belles et une fois de plus le CF berne le peuple. Pourquoi ne pas avoi8r exigé le retour des parachutes dorés avant de remettre les 63 milliards aux mains de personnes irresponsables. Maintenant on vient nous chanter que le futur sera dur et pour plus longtemps que prévu; et, cerise sur le gateau, ce sont les employés qui sont débauchés sans parachute!!! Quelle honte pour notre pays! Et quel manque de sens des responsabilités de notre gouvernement!

Écrit par : Silvio Perego | 15/04/2009

@S. Perego,
Bonjour, merci pour votre commentaire. Il est nécessaire de préciser que le gouvernement n'a pas remis 63 milliard dans les mains de personnes irresponsables. Au contraire, la confédération a pris une participation indirecte dans l'UBS en souscrivant un emprunt convertible de 6 milliards. Ce montant a été utilisé pour créer la société chargée de liquider les actifs "toxiques" de l'UBS. C'est la Banque Nationale qui finance l'opération (env. 54 milliards) et surtout qui la dirige. Ce sont les responsables de la BNS qui sont en charge de la liquidation. Les dirigeants de l'UBS en sont exclus. Par contre, je suis également choqué de voir tant d'emplois perdus. Il est à noter que l'UBS a prévu un plan social pour les personnes concernées. Espérons que cette charrette soit la dernière et que les marchés permettent de revenir à de meilleures conditions et de très vite redonner du travail aux personnes ayant perdus leur boulot.

Écrit par : salegueule | 16/04/2009

Il est un peu trop facile de mettre sur le dos d'Ospel,de ses prédecesseurs et de ses associers du CA,la crise que traverse UBS.

Par contre ce que l'on pourrait leurs reprocher,c'est de n'avoir pas retirer UBS il y 15 ans du marché américain des crédits hypothécaires.Vu que l'on sait ( enfin ceux qu'ils veulent savoir)que l'administration Clinto à fait voter une loi contre la dicrimination de l'accès aux crédits hypothécaires pour que tout les américains puissent s'acheter une maison.Du pain bénni pour toute les banques,comment ne pas resister là ou un gouvermement vous assure contre les risques d'insolavabilité des clients via des sociétés parapublics du style Fanny Mae et Freddy Mac.On connait la suite "PATATRA"Vive les crédits nationaliser comme l'espère les gauchos

Il est évident que celui qui aurait pris cette décision après les lois Clinton,aurait passé pour un demeuré et un salopard du au licenciement qui allait avec.

@ Silvio,
"ce sont les employés qui sont débauchés sans parachute!!!"

Je vous rappel que des plans sociaux sont négocier,qui peuvent passer pour des parachutes dorés,pour certains secteurs professionel comme dans le bâtiments en casi majorité de PME,pas assez solide financièrement pour supportés des plans pécuniers pour les licenciers.

D.J

Écrit par : D.J | 16/04/2009

@DJ,
Bonjour, merci pour votre commentaire.
Je persiste à dire que Marcel Ospel et ses collègues administrateurs ont une lourde responsabilité dans la débâcle de l'UBS. Il est de la responsabilité du CA, c'est même sa raison d'être, de "surveiller" les activités de la direction. De veiller à ce que les risques pris soient en tous cas supportables par les actionnaires sans mettre en danger l'entreprise. Il est clair que dans le cas d'UBS le CA a failli. Si les décisions de politiques intérieures de Bill Clinton ont pu créer une situation que certaines banques, pas toutes, ont jugé favorable, personne ne les a forcés à accorder des crédits dépassant l'entendement et la plus simple prudence.

Écrit par : salegueule | 17/04/2009

" les décisions de politiques intérieures de Bill Clinton ont pu créer une situation que certaines banques, pas toutes, ont jugé favorable, personne ne les a forcés à accorder des crédits dépassant l'entendement et la plus simple prudence."

Allez dire celà aux institutions bancaires traduit en justice pour avoir refuser des crédits à des personnes dont la solvabilité était douteuse.Pour la peitite histoire,un certain avocat nommé Obamma c'est vu traîter une affaire de ce genre.Il est évident que le sénateur de l'illinois défendait le demandeur de crédits.

A part celà,que Ospel et le CA soient très,peu,ou pas du tout responsable de la débacle UBS est une chose.Ce qui se passe actuelement sur l'acharnement des médias et de l'opinion public sur la banques vire à l'hythérie collective de manière irrésonné. Quand l'UBS fait des millards de profit,celà devient indécens,quand l'UBS fait des pertes celà devient intolérable,quand ont parle des salaires des dirigeants,l'opinion est scandalisé si la banques est déficitaire,elle est aussi quand les dirigeants sont efficaces,car ici c'est le statut de PDG qui est en cause,vu que Federer avec ses 20millions reste une icône. Quand une banque refuse un crédit d'un futur entrepreneur ont lui tape dessus avec des commentaires du style " comme d'hab on ne prête qu'aux riches et quand elle octroie des crédits à des gens insolvables origine des la crises des subprimes on dit"les banques prête à n'importe qui les dirigeants doivent payer de leurs erreures de gestion.

Bref,les banques en Suisse quoi qu'elle fasse,elles auront toujours tort.

D.J

Écrit par : D.J | 17/04/2009

La débacle de l'UBS est avant-où dû à de la crise financière à l'origine des subprimes qui a touché tout le secteur bancaire mondial.Le sauvetage par nationalisation ou par prêts par les états des banques en faillites US,britannique ou allemande ne sont quand même pas à mettre sur la faute d'Ospel et de son CA quand même? si ce n'était que l'UBS dans cette situation,là se serait différent.Les fautifs serait bien leurs dirigeants.

Par contre,ce que l'ont peu leurs reprocher tant à Ospel qu'aux autres directions bancaires,c'est de n'avoir pas eu l'obligation d'averti dans les contrats de prêts,par une notice sur les risques qu'encourent les emprunteurs qui ne pourraient plus honnorer leurs dettes.Un peu comme la notice d'un médicament contre le cancer qui averti le patient des effets secondaires graves.

Peut-être que là aussi l'état devrait rendre à l'avenir obligatoire cette notice sur les risques.

D.J

Écrit par : D.J | 18/04/2009

@DJ,
Bonjour, Merci pour votre commentaire.(du 17.04) Je comprends parfaitement votre message. Je ne doute pas que des banques aient été forcées ici ou là d'accorder un crédit contre leur gré. Cependant, en cequi concerne la cris des subprimes (à l'origine de l'actuelle crise) ce sont des banquiers qui proposaient aux débiteurs de leur prêter plus que la valeur de leur maison. Uniquement pour faire du chiffre et gagner plus. C'est là que se trouve l'irresponsabilité des membres des CA. Ils ne voyaient que les résultats immédiats sans mettre en contrepartie les risques pris, la durée de ces engagements et l'augmentation du risque avec cette durée.
Le rôle que leur confie les actionnaires est justement ce contrôle ci. En ce qui concerne les administrateurs de l'UBS, ils ont failli. Lorsque ils ont eu des alertes de la part de Bear Sterns, qu'ont-ils fait? Ils ont liquidé cette boîte et repris les crédits douteux. Alors que le CS s'est lui, désengagé.
La différene est là!

Écrit par : salegeule | 19/04/2009

@DJ,
Bonjour, merci pour votre commentaire (du 18.04)
La débâcle de l'UBS est due avant tout aux engagements insensés pris par la direction américaine et acceptés par le CA. Bien des banques n'ont pas été prises dans le jeu des subprimes. Le problème de l'UBS a été dans son incapacité à se refinancer pour continuer ses activités. J'admets volontiers que les garanties d'etats accordées dans un totale irresponsabilité par l'Irlande d'abord puis par les uatre pays de l'UE ensuite a créé un surplus de difficultés pour l'UBS puisque elle ne bénéficiait pas (Merci au CF) de la garantie de la Confédération.
Certains européens se mordent les doigts maintenant d'avoir du accorder des garanties dont les montants dépassent souvent les capacités des Etats eux-mêmes. Voir l'Islande, Probablement l'Autriche et l'Italie bientôt. L'Espagne est au bord du gouffre (pour des raisons domestiques cette fois)
Les avertissements dans les contrats de prêts n'auraient en aucun cas sauvés les banques du désastre. Leur problème n'est pas un problème légal, c'est un problème de confiance des investisseurs. Rien ne sert d'avoir les meilleurs documents du monde si je n'inspire pas confiance.

Écrit par : salegueule | 19/04/2009

"Cependant, en cequi concerne la cris des subprimes (à l'origine de l'actuelle crise) ce sont des banquiers qui proposaient aux débiteurs de leur prêter plus que la valeur de leur maison. Uniquement pour faire du chiffre et gagner plus."

Ce fût bien ce problème de notices sur les effets indésirables grave que encourent les emprunteurs qui fit défauts.Mais rien n'obligeaient les banques à le faire.Il faudra é l'avenir rendre ces notices obligatoire. Je crois que sur celà nous nous rejoignons pas mal sur les responsabilité des banquiers.Il y a un autre point sur les causes de cette crise,qui n'est pas souvant réveler,ce sont les taux d'intérets très bas et maintenu trop longtemps par les banques centrales américaine entre autre.Qui amena trop de liquidités sur le marché,qui a pour conséquance le développement de la spéculation.

D.J

Écrit par : D.J | 19/04/2009

@DJ,
Bonjour, merci pour votre commentaire. Si vous avez raison sur la forme, les précisions sur les risques encourus par les emprunteurs, mêmes précisés noirs sur blancs, n'auraient sans doute pas été lus et compris par les débiteurs. Cela n'aurait que protégé les banques...
Sur les taux, je vous rejoins totalement. Ces taux permettaient également au trésor de financer la dette américaine à un cout pas trop élevé. Ceci explique peut-être cela....

Écrit par : salegueule | 20/04/2009

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