31/08/2009

Les deux Suisses doivent passer devant la justice libyenne

Alors que le délai pour le rapatriement des deux Suisses retenus en Libye échoit ce soir, un officiel libyen a affirmé à la TSR que les deux Suisses doivent encore passer devant la justice avant de pouvoir quitter le pays. Or aujourd’hui et demain sont fériés en Libye.


Le premier ministre du colonel Mouammar Kadhafi avait promis qu’ils pourraient regagner leur pays avant le 1er septembre. Or le vice-ministre des Affaires étrangères libyen, interrogé par la Télévision suisse romande, indiquait ce soir que les deux Suisses doivent encore se présenter devant un procureur avant de pouvoir quitter le territoire. Et de rappeler que ces prochains jours sont fériés en raison des festivités liées aux 40 ans de règne du colonel Kadhafi.

C’est également ce que croit savoir le journaliste Martin Fletcher, du quotidien britannique the Times, qui se serait aussi entretenu avec un officiel libyen. Ce dernier aurait affirmé que les deux Suisses sont accusés d’avoir contrevenu aux règlements sur les visas et devraient encore passer devant la justice. Le journaliste britannique s’exprimera ce soir sur la télévision alémanique SF1, qui traitera ce sujet dans son émission «10vor10» ce soir, selon son communiqué.

Interrogé plus tôt dans l’après-midi par l’ATS, Roland Meier, porte-parole du Département fédéral des finances (DFF), avait déclaré que les autorités suisses attendaient encore. «Nous vous enverrons un communiqué de presse lorsqu’il y aura du nouveau», a-t-il ajouté sans autres précisions.

Charles Poncet, avocat du gouvernement libyen, ne pouvait également apporter aucune nouvelle information. Alors qu’il a été invité – à titre privé – mardi en Libye pour participer aux festivités marquant les 40 ans d’accession au pouvoir de Mouammar Kadhafi, Jean Ziegler a déclaré que «si les deux Suisses ne sont pas revenus, c’est difficile» de partir pour fêter. Pour M. Ziegler, «tout se décidera lundi soir».

Lors de son voyage surprise à Tripoli le 20 août, le président de la Confédération avait indiqué avoir obtenu la promesse orale que les deux Suisses pourraient quitter la Libye avant le 1er septembre.

Vendredi, le DFF a annoncé avoir reçu la promesse écrite de leur retour avant la fin du mois d’août. Le même jour, l’avion du Conseil fédéral envoyé dans le pays pour récupérer les deux otages est rentré bredouille en Suisse. Tripoli a en effet insisté pour que ceux-ci quittent le pays en tant qu’hommes d’affaires, sur un simple vol de ligne.

 

Jusqu’à maintenant, je pensais sincèrement que le gouvernement libyen allait tenir la parole donnée au président Merz. La Libye voulant se présenter comme un grand pays, j’ai pensé, visiblement à tort, que nos compatriotes seraient libérés. Si la Libye avait voulu vraiment régler le litige qui oppose la famille régnante à la justice genevoise, les deux otages auraient soit été convoqués par la justice libyenne avant ce jour soit été dispensés ce cette convocation.

Nous avons maintenant la preuve évidente que ce peuple n’attache aucun respect à la parole donnée. A trop vouloir montrer sa capacité de nuisance, le gouvernement libyen agit en fait contre la nation arabe. Dorénavant, la méfiance automatique du peuple Suisse envers les maghrébins ne pourra plus faire l’objet de poursuite pour discrimination. L’exemple concret du manque de confiance que l’on peut avoir en un représentant de ce peuple marquera à jamais les relations que l’on peut avoir avec ce peuple. Quel juge osera prétendre que l’on ne peut traiter différemment les maghrébins ? Quel socialiste osera encore prendre la défense de ce peuple ?

Notre président a donné l’opportunité incroyable au Colonel Kadhafi de prouver qu’il est un grand chef d’Etat, que la parole donnée par un de ses ministres est la sienne et qu'elle sera respectée en temps et en heure. Il n’a pas su saisir cette chance, lorsqu’il devra négocier un autre accord en position moins forte, avec une puissance plus importante, son interlocuteur se souviendra forcément de cette conduite là. Il en tirera les conséquences et sera beaucoup plus exigeant en termes de garanties et d’engagements libyens que ce qu’il aurait accepté d’une personne tenant ses engagements… Le Colonel ne tirera aucune gloire de sa conduite actuelle et en paiera le prix sûrement bientôt !

La Suisse ne doit en aucun cas se sentir engagée par un accord dont une partie, même orale, n'est pas respectée par la contrepartie!

 

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