03/11/2009

Les transports suisses coûteront 135 milliards jusqu'en 2030

Moritz Leuenberger lance l'idée d'une taxe sur la mobilité pour financer les infrastructures de transport. Celui qui utilise un axe surchargé aux heures de pointe devrait ainsi payer davantage. Une facture allant jusqu'à 135 milliards est attendue les 20 prochaines années.

 


Il ne s'agit pas d'ajouter un nouvel impôt mais de revoir le système actuel de financement, a insisté le conseiller fédéral en présentant son rapport sur l'avenir des réseaux d'infrastructures nationaux. La taxe de mobilité se baserait sur des tarifs différenciés en fonction des horaires et des lieux de circulation. Elle frapperait tous les transports, soit la route, le rail, les aéroports, les bus, les trams et les places de stationnement.

Un billet de train entre Berne et Zurich pourrait ainsi coûter plus cher entre 7 et 9 heures qu'entre 11 et 12 heures, a envisagé le ministre des transports. Pour la route, le prélèvement se ferait au kilomètre mais pourrait varier selon le type de voiture et la route utilisée. Le but, en sus de financer le réseau, est de canaliser le trafic sans contingentement ni interdiction de circuler.

Selon le rapport, une coopération entre acteurs publics et privés pourrait aussi s'avérer avantageuse dans certains cas pour financer les infrastructures. Mais les pouvoirs publics garderont leur monopole, a souligné Moritz Leuenberger.

Le conseiller fédéral a insisté sur la nécessité de planifier déjà les travaux des vingt prochaines années. D'énormes besoins se dessinent entre 2010 et 2030: 44,5 milliards de francs pour les investissements routiers (plus 19 milliards pour l'entretien), 31 à 40 milliards pour le rail (plus 30 milliards pour l'entretien).

Actuellement, trois sources sont utilisées: les recettes générales de la Confédération, les taxes (impôt sur les carburants, RPLP, vignette autoroutière) et les tarifs des transports publics (billets, abonnements). Mais elles ne suffiront pas.

La croissance du trafic est inéluctable, selon Moritz Leuenberger. D'ici 2030, on s'attend à des hausses de 20% (route) et 45% (rail) pour les voyageurs, et même respectivement de 35% et 85% pour les marchandises.

Coûts et financement - Compte routier - Chiffres clés Compte routier - Compte global

Comme vous pourrez le constatez en consultant le lien ci-dessus, les recettes du compte routiers couvrent déjà les dépenses prévues par le ministre des transports.

(135 milliards pour les 20 prochaines années correspondent à un peu plus de 6,5 milliards par année. C’est exactement le montant des recettes annuelles du compte routier.)

Qu’il augmente la participation des usagers des transports publics me paraît plus que justifié. Les automobilistes depuis des années participent beaucoup trop au financement des autres moyens de transport. L’équité n’est pas respectée.

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