26/11/2009

La gauche lance l'offensive contre la libéralisation de La Poste

Le PS et les syndicats ont lancé officiellement leur initiative populaire sur La Poste à Berne. Intitulée "Pour une poste forte", elle veut ancrer le service universel dans la constitution. Le tout serait financé par le monopole sur les lettres jusqu'à 50 grammes et une banque postale.


Fort du succès de sa pétition contre la suppression de 420 offices postaux, remise en juin avec 160'000 paraphes, le Syndicat de la communication est passé à la vitesse supérieure en décidant de lancer une initiative populaire. Il a reçu le soutien du PS et de l'Union syndicale suisse (USS).

Objectif affiché: contrer la libéralisation du secteur. "La logique qui prévaut au Parlement et à la direction de La Poste est de dire qu'inéluctablement le marché va être libéralisé. Cela conduit à une mise en danger du service universel dans sa qualité et sa densité. Nous faisons la démarche inverse", explique le président du Syndicat de la communication.

L'initiative exige que la Confédération garantisse à tous les habitants du pays un réseau postal couvrant tout le territoire et un accès facile et rapide à toutes les prestations d'un service universel.

Pour financer cela, l'initiative ancre le maintien du monopole des lettres jusqu'à 50 grammes et surtout le développement du secteur bancaire de La Poste, en lui permettant de délivrer des crédits et des hypothèques. Cette banque postale serait détenue à 100% par le géant jaune.

Les initiants se sont fixés l'objectif de récolter les 100'000 signatures d'ici le printemps prochain. Légalement, ils ont jusqu'au 24 mai 2011 pour le faire. Mais la gauche entend agir vite pour peser de tout son poids sur la révision de la loi sur la Poste, en cours au Parlement.

Comme le PS (et d’autres), je pense qu’un bon service public est indispensable même s’il est un peu coûteux. Dans l’initiative du PS, il se trouverait que non seulement le service postal (re)deviendrait à disposition de tous mais il serait de plus financé. Ce n’est pas négligeable. Il ne faudra pas cependant que le PS et les syndicats en profitent, en cas de oui devant le peuple, pour favoriser les employés de ces services… Il ne doit pas s’agir de créer une nouvelle « caste » de privilégiés.

L’autre avantage que je vois dans cette initiative, c’est que les petites et moyennes entreprises, comme les particuliers, pourraient déplacer leurs comptes de leur banque au profit de la nouvelle banque. Cela mettrait fin au recours automatique à l’Etat pour le sauvetage des banques qui auraient pris trop de risques… Si la banque postale avait existé, l’UBS aurait peut-être failli. Le risque systémique serait probablement fortement réduit si ce n’est disparu. En mettant les gardes fous nécessaires, en évitant une concurrence déloyale, le projet du PS pourrait être soutenu par une majorité du peuple.

Commentaires

Moi je vois plutôt que les socialistes veulent financer via la banque postal un boulet public notamment des bureaux de poste sans clients.La réalité est le marché postal européens et la fin des monopoles sur tout les courriers.A l'étranger on se prépare,en Suisse en revient en arrière pour une poste grand papa.Je trouve curieux que le PS et les syndicats veulent voir la Suisse dans l'Europe,mais refuse en même temps le marché qui va avec.

D.J

Écrit par : D.J | 26/11/2009

Très bonne initiative !

Je ne cesse de m'étonner qu'après ce qui s'est passé il y a une année, les partisans de la "merveilleuse main invisible du marché" ne prennent pas de recul et ne remettent pas en question leurs convictions. Peut-être croient-ils que l'Etat viendra désormais toujours au secours des entreprises privées "trop grosses pour tomber", si c'est le cas, ils se trompent.

Écrit par : Fufus | 28/11/2009

@Fufus,
Bonjour, merci pour votre commentaire.
Je ne suis pas entièrement d'accord avec votre analyse. L'Etat n'est pas venu au secours de l'UBS, l'état a sauvé notre économie. L'UBS faisant faillite, nombre d'entreprises (probablement des dizaines de milliers) auraient suivis. D'où un nombre impressionnant de chômeurs et de chômeuses. Une gabegie totale. Oui, l'UBS était (l'est certainement encore) trop grosse pour faire faillite. Cependant ce sera de moins en moins vrai. De ce point de vue, les clients de l'UBS peuvent avoir deux points de vue "équivalents" soit ils pensent que l'UBS est un danger et qu'il serait plus prudent de changer de banque, soir ils pensent que l'UBS est un danger et que leurs comptes bénéficient d'Une "garantie étatique de fait"...
Si la taille de l'UBS redevient "normale", là il y aura danger.
Je tiens aussi à rappeler que le plan de sauvetage que la BNS et de la CFB aura au final sauvé l'économie, ce qui n'est pas rien, sans endetter la confédération de manière exagérée comme l'ont fait certains pays européens.

Écrit par : salegueule | 28/11/2009

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