30/11/2009

Minarets: l'UE préoccupée par une stigmatisation de l'islam

Eveline Widmer-Schlumpf a tenté d'expliquer à Bruxelles la décision des Suisses d'interdire les minarets. Micheline Calmy-Rey et les ambassadeurs sont également montés au front. Les pays de l'UE ont toutefois déploré ce vote, préoccupés par les conséquences dans le monde musulman.


Eveline Widmer-Schlumpf a rencontré les ministres de l'Intérieur des 27, ainsi que la présidence suédoise de l'Union européenne (UE) et le commissaire européen en charge de la justice. Elle a pu constater à cette occasion "des difficultés de compréhension" et "une certaine irritation" des pays membres de l'UE.

"On respecte le résultat d'une démocratie directe" a-t-elle pourtant assuré. Venue expliquer que le résultat des urnes n'attaquait pas les musulmans ou la liberté religieuse en Suisse, elle a ajouté avoir été interrogée sur les difficultés qu'implique la mise en oeuvre juridique de l'interdiction des minarets.

Malgré les tentatives d'explication de Berne, les réactions sont uniformément négatives dans l'UE, même si la Commission européenne s'est refusée à commenter directement la "décision souveraine d'un pays tiers".

"C'est l'expression d'un préjugé et peut-être même d'une peur mais il est clair qu'il s'agit à tous égards d'un signe négatif, il n'y a aucun doute à ce sujet", a ainsi déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, dont le pays assure la présidence de l'UE. Son collègue ministre de l'Intérieur, Tobias Billström, a jugé "surprenant" de soumettre un tel sujet à référendum.

S'exprimant à la radio alémanique DRS, Mme Calmy-Rey a précisé être en permanence au téléphone depuis l'annonce du résultat du vote. La cheffe de la diplomatie suisse a aussi rencontré lundi après-midi plusieurs ambassadeurs des pays arabes. Les réactions sont à la surprise parce qu'ils ne s'attendaient pas à ce résultat de la part de la Suisse, a-t-elle dit.

Nos voisins des pays de l’UE vont être ravi d’apprendre que l’UE s’apprête à accueillir les minarets que nous n’avons pas voulu en Suisse. Si je ne doute pas une seconde que les représentants de ces pays pensent que nous avons tout faux, ces mêmes dirigeants se gardent bien de poser la question des minarets à leurs administrés…..

Le ministre suédois des affaires étrangères se permet lui de parler de l’expression de préjugé du peuple suisse a l’encontre du peuple musulman. Il montre ainsi son niveau de connaissance de notre pays et de notre démocratie directe. Lui qui n’a pas de doute au sujet des raisons du vote de la population helvétique fait montre de préjugé à notre égard !

Quant aux dirigeants des pays arabes, ils doivent savoir, mieux que le peuple suisse, que les minarets ne sont absolument pas indispensables à leur culte et encore moins à l’exercice de celui-ci. Certains pourront même se demander si l’attitude du colonel libyen n’est pas pour quelque chose dans la décision du peuple suisse. A mon sens, la façon de se conduire de ce dirigeant d’un pays arabe et musulman ne montre pas beaucoup de respect pour les droits de l’homme, particulièrement pour ceux de deux nos compatriotes.

Par ailleurs il est à noter que tous nos politiciens, y compris ceux de l’UDC, ont été totalement surpris par le résultat. Encore plus par son ampleur. Le président du PDC, C. Darbellay, en rajoutant même en voulant maintenant interdire la burka. Comme à l’habitude, le président du PDC essaie de rattraper un train parti depuis longtemps…

Pour ceux qui, comme les Verts, ne veulent pas respecter une décision du souverain, il serait peut être le moment de leur rappeler que c’est ce même peuple à qui ils s’adressent pour avoir des suffrages lors d’élections..

E conclusion, je dirais que le peuple suisse a finement joué le coup. En interdisant des minarets qui n'étaient pas réclamés par les musulmans habitants notre pays, le souverain a mis sur la table nombre de problèmes posés par la difficulté d'intégration en Suisse qu'ont partie des musulmans. Il s'agit du port du foulard, de la burka, des exceptions voulues dans les piscines publiques, bientôt de la polygamie et plus que tout, la non reconnaissance de la primauté du droit civil ou politique sur le droit "divin" (droit divin dit et interprété par des hommes.....)

 

 

 

Commentaires

Recourir à l'ONU ou à Strasbourg? Pure folie!!
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Ceux qui pensent recourir contre la décision du peuple suisse refusant la construction de minarets en Suisse se mettent le doigt dans l'œil et commettent un acte de pure folie:

- La décision d'interdire les minarets en Suisse ne viole aucune norme internationale, contrairement à ce que prétendent certains ignares. Elle ne viole pas la liberté religieuse puisque la présence de minarets n'est pas nécessaire pour la pratique du culte musulman. La Mosquée avec le dôme doré de Jérusalem, troisième lieu saint de l'Islam, n'a pas de minaret, et pourtant on y prie. De même, cette décision ne viole nullement le principe de l'égalité: ceux qui veulent interdire les cloches et les clochers peuvent toujours lancer leur propre initiative. Et ainsi l'égalité de traitement est garantie.

- Ceux qui oseront recourir contre la décision du peuple prouveront qu'ils sont pour la dictature et contre la démocratie. Et si les musulmans s'y associeront, ils ne feront qu'aggraver leur cas. Cela signifiera qu'ils considèrent leurs lois religieuses au-dessus du droit suisse et ainsi ils se mettront à dos la majorité de la population suisse qui ne veut pas de minarets.

- Les pays musulmans qui critiquent la Suisse devraient commencer par balayer devant leur propre porte. Quant aux pays occidentaux, ils feraient mieux de demander l'avis de leurs peuples avant de critiquer la Suisse.

Écrit par : Sami Aldeeb | 01/12/2009

"...l'UE préoccupée par une stigmatisation de l'islam..."

Et elle a pas fini de s'en faire, si on en juge par la multiplication des sondages pratiquement unanimes :


http://www.fdesouche.com/articles/84066

Écrit par : Scipion | 01/12/2009

Guy Sorman à dit "que l'Europe à voté en Suisse par procuration".Un référendum sur le même sujet en France risquerait d'être plus sévère.

Mais là bas,les sujets délicats comme l'islam , l'immigration , ou la réforme de l'éducation , ne fait jamais l'objet d'un référendum . Le gouvernement français préfère les faire voter sur la constitution européenne dont tout le monde s'enfout.La France et ses médias snobent la Suisse le reste du temps et croient la connaître sur une seul votation. Il mélange référendum et initiative populaire mettent l'UDC à l'extrême droite etc... etc...

D.J

Écrit par : D.J | 01/12/2009

@SAmi Aldeeb,
Bonjour, merci pour votre commentaire.
Il est de bon ton depuis quelques temps de remettre en cause les décisions populaires lorsque elles ne correspondent pas au politiquement correct. Il est à noter que ce sont souvent (toujours?) les partis de gauches qui ont un problème avec la démocratie directe. Il est vrai que l'histoire nous a montré que les pays qui ont la (mal)chance d'être dirigé par des socialistes l'ont été dans des régimes de démocratie "populaire" le terme démocrate voulant dire que le peuple pouvait librement voter pour LA liste du parti.....

Écrit par : salegueule | 02/12/2009

@D.J.,
Bonjour, merci pour votre commentaire.
Les commentaires des journalistes et politiciens étrangers, particulièrement français pour ce qui me concerne, montrent en effet une méconnaissance totale de notre démocratie et de notre pays. Persuadés qu'ils sont d'être dans le vrai, que les peuples ont tort car incapables de discernement. Manquant de finesse selon un autre qui vantait son pays d'avoir noyé l'interdiction du voile islamique (objet de la loi) dans l'interdiction de signe ostentatoire d'appartenance religieuse.
Les français n'interdiront pas les minarets, ils interdiront les constructions religieuses rondes ou carrées ayant un balcon et ne possédant pas de cloches....

Écrit par : salegueule | 02/12/2009

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