19/02/2011

Libye: Benghazi enterre ses morts - de nouveaux affrontements

Les forces de sécurité libyennes ont tiré en l'air samedi à Benghazi, la deuxième ville du pays, pour disperser une foule de manifestants. Ceux-ci rendaient hommage aux victimes des rassemblements anti-gouvernementaux des derniers jours, inspirés des exemples tunisien et égyptien.


Selon l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, 35 personnes ont été tuées vendredi soir dans des affrontements à Benghazi, la capitale de la Cyrénaïque (nord-est), les heurts les plus meurtriers depuis le début des violences dans la nuit de mardi à mercredi. Le bilan total depuis le milieu de la semaine s'établit à 84 morts, ajoute HRW.

Samedi, après les obsèques de plusieurs victimes, une foule de manifestants s'est retrouvée face à face avec les forces de l'ordre, qui ont tiré en l'air pour la disperser, a déclaré à Reuters un habitant de cette ville située à un millier de kilomètres à l'est de Tripoli.

Un dignitaire religieux de Benghazi, Abellah al Warfali, a déclaré à la chaîne de télévision Al-Jazira avoir la liste de seize victimes inhumées ce samedi, la plupart touchées par balles à la tête et à la poitrine.

Discussions avec les chefs tribaux

Selon le journal "Kourina", proche d'un des fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et dont le siège est à Benghazi, 24 personnes ont été tuées dans les violences de vendredi.

Il ajoute que les forces de l'ordre ont ouvert le feu sur des manifestants qui attaquaient le quartier général de la police et une base militaire abritant un dépôt d'armes. "Les gardes ont été contraints de faire usage de leurs armes", écrit "Kourina".

Pas de téléphone ni internet

Les journalistes étrangers ne peuvent se rendre en Libye depuis le début des violences et les reporters libyens ne peuvent gagner Benghazi. Les liaisons téléphoniques sont fréquemment coupées.

La chaîne de télévision Al Djazira a fait savoir que son signal était brouillé et que son site internet n'était plus consultable en Libye. Selon la société américaine de surveillance d'internet Renesys, l'accès à internet est bloqué depuis vendredi soir.

 

L'extrême violence est inévitable en Libye. Contrairement à Ben Ali réfugié en Arabie Saoudite et à Moubarak resté en Egypte, aucun pays ne sera prêt à accueillir le dictateur Libyen. Ce dernier n'a donc pas de pore de sortie. Même s'il s'est peut-être un peu moins mal occupé de son peuple que certains autres dirigeants arabes, sa famille a tellement profité, abusé même qu'en cas de renversement, ils seront tous condamnés et exécutés. La force seule, pour autant que l'armée ne change pas de camp, peut leur faire espérer de garder le pouvoir.

A moins que la communauté internationale ne se décide à intervenir. Quand ?

 

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